Billet de blogue
Les Jardins de Métis. Photo : Simon Jodoin

Jardins de Métis : Maîtrise de l’art des végétaux

Partons à la rencontre d’une collection de vivaces unique sur un domaine à l’histoire riche et d’une tranquillité exceptionnelle, aux portes de la Gaspésie. Bienvenue aux Jardins de Métis.

Il y a près de 100 000 curieux, chaque année de juin à octobre, qui voyagent vers la Gaspésie pour vivre l’extase horticole aux Jardins de Métis. On peut facilement les comprendre… Le lieu, à la fois éducatif et ludique, est impressionnant et apaisant. On y passe assurément plusieurs heures puisque le site comprend un jardin immense, un musée, un restaurant aux saveurs locales, la maison écologique ERE 132 et un festival d’œuvres architecturales interactives idéal pour les familles. Et que dire des points de vue sur le fleuve !

On débute notre visite dans la demeure nommée Villa Estevan, dédiée à celle qui a pris soin de ce domaine pendant 50 ans, Elsie Reford. « Je venais ici quand j’étais enfant, mais depuis 1995, je dédie ma vie à ce domaine et son développement », indique Alexander Reford, directeur des Jardins de Métis depuis 25 ans. Historien de formation, il a voulu offrir aux gens de mieux comprendre ce magnifique domaine et l’histoire de son arrière-grand-mère. La créatrice des jardins était une femme riche, éduquée, impliquée en politique et dans des causes sociales en plus de pratiquer la pêche et l’équitation. Elle avait en quelque sorte une double vie : résidente d’un quartier anglophone de Montréal pendant l’hiver, mais amoureuse du territoire naturel de Métis où elle a passé tous ses étés de 1904 à 1958 jusqu’à créer cet endroit magistral. « C’est un être qui m’a toujours fasciné parce que les femmes au Québec qui mènent si large, non seulement dans leur famille, mais aussi dans la société, sont plutôt rares et inconnues », explique celui qui se passionne pour les recherches sur son ancêtre.

Alexander Reford, directeur des Jardins de Métis
Alexander Reford, directeur des Jardins de Métis. Photo : Simon Jodoin

Climat favorable

Lorsqu’on navigue dans la dizaine d’allées de fleurs et de végétation de ces jardins historiques, on comprend la genèse de son dévouement : la lumière est éclatante et le littoral est d’une beauté sans nom. On réalise aussi à quel point le travail d’Elsie Reford a été colossal. Elle a réussi à faire vivre des fleurs rares dénichées à l’international et à créer un parcours magique de végétaux et de roches. C’est donc avec surprise qu’on apprend qu’elle est horticultrice autodidacte. « À l’époque, on apprenait sur le terrain. Elle a fait beaucoup d’essais-erreur en construisant les jardins », relate Alexander.

Elsie Reford a créé une petite révolution avec ses jardins puisqu’on a longtemps cru que rien ne pouvait pousser dans ce coin de pays aux hivers plus longs. « Les pivoines, oui ; les lilas, sans problème, mais au-delà de ce menu assez restreint de végétaux, les gens disaient : “Pfff, c’est impossible !” Finalement, Elsa découvre que c’est en fait un terrain de jeu idéal pour les plantes vivaces, dit son arrière-petit-fils. Contrairement à Montréal où les canicules tuent les plantes fragiles, ici, c’est le contraire, il ne fait jamais trop chaud. L’hiver arrive vite et on a deux ou trois mètres de neige par année. Quoi de mieux pour protéger une plante que de la neige ? », précise le directeur.

Les Jardins de Métis.
Les Jardins de Métis. Photo : Simon Jodoin

Il explique du même coup que les fleurs restent très en santé tout l’été parce que la fraîcheur des nuits provoque une réparation nocturne idéale. « À la fin juin, tout est frais, vert et vivant. Ici, la neige nous colle jusqu’au début mai et par la suite les plantes sortent avec une vitesse fulgurante parce que la plante veut se reproduire dans la saison qu’elle a. On a des plantes très en forme, costaudes. Notre jardin est plein de floraisons qui perdurent plus longtemps dans le temps. » Entre juin et octobre, donc, toutes les périodes sont bonnes pour aller faire un tour aux Jardins de Métis.

Travail de mémoire et de mise en scène

Des années 1920 jusqu’en 1958, Elsie Reford a fait un travail de moine en documentant chaque jour les efforts des jardiniers dans des carnets de notes. Son mari, lui, prenait des photos, ce qui fait que les Jardins de Métis conservent aussi une riche collection d’archives. Aujourd’hui, l’équipe de fidèles jardiniers et jardinières rend honneur à tous ces efforts et cette passion en préservant les lieux, exécutant une savante scénographie horticole qui met en vedette les plantes et les fleurs dans le respect du rythme des floraisons. « Dans la collection de vivaces, il y a des végétaux qui bougent pendant la floraison, dit Alexander. C’est toute une science et les jardiniers savent scénographier pendant toute la saison. » Ainsi, dans les allées et les rocailles du vaste domaine, on peut admirer les pivoines, les pavots bleus, les géraniums, les iris, les primevères, les rosiers et les campanules.

Les Jardins de Métis.
Les Jardins de Métis. Photo : Simon Jodoin

Si l’on pourrait croire que les Jardins de Métis ont toujours appartenus à la famille Reford puisque Alexander en est maintenant le directeur, l’histoire est un peu plus complexe. Ç’a été un domaine privé jusqu’à ce que grand-père Reford ne puisse plus s’en occuper adéquatement et le vende au gouvernement du Québec en 1961. À l’époque de la Révolution tranquille, l’État a investi dans le tourisme de l’Est-du-Québec parce que la Gaspésie était en difficulté financière. Les Jardins de Métis sont devenus l’un des pôles d’attraction majeurs d’une stratégie de déploiements des biens publics. Dès 1962, ils sont devenus un site touristique et les gens le visitent par dizaines de milliers. « Quand je suis arrivé en 1995, c’était déjà un organisme puissant et connu, se remémore Alexander. On a fondé un organisme à but non lucratif qui a fait l’achat des Jardins de Métis du gouvernement du Québec. Le domaine appartient à l’OBNL et non à moi, mais c’est vraiment devenu un héritage commun parce qu’on travaille pour assurer sa pérennité. »

Une oeuvre du Festival international de jardins.
Une oeuvre du Festival international de jardins. Photo : Simon Jodoin

Aujourd’hui, les artistes ont aussi bien leur place ici, invités en résidence pour se laisser inspirer par le décor. Depuis 2000, une grande partie du domaine est dédiée au Festival international de jardins, présenté tout l’été, où les familles s’amusent. « C’est une exposition d’installations d’architectes paysagistes québécois et internationaux, indique Alexander. C’est interactif, coloré et ça complète bien l’offre des jardins. On peut contempler tranquillement dans un jardin et en apprendre sur les végétaux, puis, au festival, on peut s’amuser, courir, grimper et sauter sur une trampoline. »

L’éducation et la création sont également au cœur des efforts de la valorisation des Jardins de Métis. Ils peuvent être un lieu thérapeutique et d’apprentissage pour des gens qui recherchent le calme.

Nul doute qu’Elsa Reford serait fière de voir toutes les possibilités qu’offrent aujourd’hui ses précieux jardins. Grâce au travail de l’équipe de son arrière-petit-fils, les Jardins de Métis sont synonymes de conservation, de création et d’invention. Un territoire qui nous permet de rêver et un arrêt obligatoire lors d’une prochaine escapade en Gaspésie.

Billet rédigé par Valérie Thérien

Planifiez votre séjour à tourisme-gaspesie.com et venez faire votre tour! #gaspesie

Partagez ce billet :
163 / 188

Laisser un commentaire

Les champs requis sont indiqués

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.


© 2021 Association touristique régionale de la Gaspésie